Certains souvenirs sont attachés à un objet. Et certains objets convoquent les souvenirs. Les regarder (s’ils sont toujours à vos côtés) ou se les remémorer, c’est un univers qui s’ouvre : une époque, des anecdotes, un lieu, des visages et des personnalités.
Dans un monde où les biens matériels se remplacent à une vitesse toujours plus rapide, certains objets échappent à cette course effrénée. Leur souvenir traverse les années et dit quelque chose de notre identité.
S’appuyer sur le souvenir d’un objet dans un récit biographique ne signifie pas le personnifier, ni lui attribuer une psychologie, mais plutôt évoquer les sens, les émotions et les visages qui sont polarisés autour de ce bien matériel.
À l’occasion de la parution de son livre Autobiographie des objets (1), François Bon partage sa réflexion sur le pouvoir évocateur des objets, qui ont la capacité de faire resurgir une époque, de témoigner d’une évolution sociétale et de « convoquer les fantômes » (2).
Les objets sont moins innocents, et surtout moins froids, qu’ils n’y paraissent. Derrière la sobriété d’un souvenir matériel se profile un parcours de vie. Derrière l’évolution de l’objet dans le temps se dessine ce que nous sommes devenus. Raconter un objet peut aussi être le moyen d’évoquer avec pudeur une relation avec une personne qui a compté pour vous ou, de manière non frontale, un (re) sentiment difficile à exprimer.
Je me souviens de cet éventail japonais qui a miraculeusement échappé aux déménagements successifs. Je partage avec vous les souvenirs qui y sont associés ici.
Utilitaire, symbolique, de désir ou de transmission, quel objet associez-vous à un souvenir marquant ?
(1) François Bon, Autobiographie des objets — Éditions du Seuil, 2012
(2) « Autobiographie des objets », François Bon — éditions du Seuil — sur Youtube @editions_du_seuil



